Il s'appelait Ernesto Guevara de la Serna et était Argentin mais on le surnomait le Che à cause de sa tendance à ponctuer ses phrases par cette expression. Dès tout jeune il se passionne pour la philosophie et montre une sensibilité rare au sort d'autrui, à s'emouvoir face à l'injustice. A peine diplômé de medecine, il rencontre Fidel Castro et devient le médecin de la future expédition de Cuba. Le 1er février 1959 triomphe la révolution cubaine. Il est nommé Président de la Banque Centrale et Ministre de l'Industrie. Il aurait pu en rester là et avoir une vie confortable mais il décide de tout quitter pour l'Afrique "qui réclame (sa) modeste contribution" et s'engage pour les combats au Congo.
Le 3 novembre 1966, il arrive à La Paz, Bolivie, sous une fausse indentité. Le projet était de faire de ce pays le centre névralgique pour libérer tout le continent latino-américain "de l'oppression yankie". Il s'agit de former la guerillera, mobiliser la population autour de la cause revolutionnaire. Moins d'un an après, tout était fini et la plupart des 40 combattants, morts lors d'affrontements avec l'armée bolivienne entraînée par la CIA. Lui-même est capturé à la Quebrada du Churo, assassiné a la Higuera et enterré clandestinement à Vallegrande.
De son combat, il reste des textes magnifiques, forts, témoignant de sa générosité, de son refus de l'injustice et du moyen de l'éradiquer. A ses enfants, il écrit : "Par dessus tout, soyez toujours capables de sentir au plus profond toute injustice commise envers quiconque, où que ce soit. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire". Il affirmait aussi que "le vrai révolutionnaire est animé par de grands sentiments d'amour. Il est impossible de penser à un révolutionnaire authentique sans cette qualité". On peut ne pas être d'accord avec les moyens utilisés - et je ne pense pas que la lutte armée soit la seule façon de délivrer un peuple - ou même avec les idées, on ne peut pas nier que cet homme à consacrer sa courte vie au bien d'autrui, avec générosité, sans rechercher les honneurs. On ne peut qu'admirer le courage à défaut d'admirer le combat.
Hasta siempre comandante.