
Bon, soyons honnetes, c'est pas non plus une preparation militaire, ce trek. Avec comme credo "le plaisir d'abord", on peut dire qu'on a ete gates. Tout d'abord par les paysages qui se succedent : des cultures en terrasse dans un camaieu de verts, des forets de pins (petite pensee pour papa et les frangins !), des hauts sommets, et pas n'importe lesquels (petite pensee pour Olive). Tout au long du trek, le torrent Mayarsagandi nous suit, changeant, tantot tumultueux, tantot calme, vert jade laiteux ou emeuraude.
On traverse quantite de villages d'influence tibetaine aux maisons en pierre, aux moulins a priere marquant l'entree des villages et aux petits chorten (monuments boudhistes). Bien que tres touristique, cette partie du Nepal a su garder une certaine authenticite. On la retrouve dans les costumes, dans les modes de vie, les visages austeres sur lesquels se lit toute la rudesse d'une vie passee a plus de 3.000 metres d'altitude.
Ce trek est un emerveillement de chaque jour. Tout d'abord la beaute des paysages. On cotoie des somments a pres de 8.000 dont les noms chatouillent notre imaginaire - Annapurnas, Pisang Peak, Gangapurna. On decouvre aussi la vie locale. Avant d'etre largement utilises pour les expeditions himalayennes, les porteurs (improprement appeles sherpas), assuraient le ravitaillement des zones reculees. Ca n'a pas change. Ces personnages de la montagne forcent le respect. Ils sont capables de porter des charges atteignant 70 kg et j'en ai vu transporter un chargement de 10 tubes de metal de 2 m chacun. La negociation des virages etait ardue. Un trek au Nepal, c'est aussi des conditions de vie tres simples : une douche consistant en une cabane avec 3 litres d'eau presque chaude (qu'on evite de prendre car peu ecologique), un eclairage a la bougie pour cause de penurie d'electricite (ca fait des ambiances plus intimes), une chambre a 5 degres bien ventilee... Mais tout ca on s'en fout, on s'en accomode, les moments passes ici etant tellement magiques et les paysages au combien grandioses. Et puis il y a les petits privileges qui valent plus que le materiel : discuter avec des moines boudhistes censes avoir fait voeux de silence, se delecter des gateaux qu'ils ont pris sur l'autel des offrandes et etre les uniques spectateurs de leur messe du soir dans un monastere vieux de 5 siecles. Se faire un pique-nique au bord d'un lac, au pied des Annapurnas, avec le Pisang peak en toile de fond et se delecter d'un repas - frugal mais au combien delicieux - compose de chapati (galette locale) et de fromage au lait de yak (petite pensee pour Sylvia et Pascal). Savourer cet instant.
Et la, on se dit que les Hilton, les Fouquets, les jaguars et les diamants, on s'en fout et qu'on echangerait pas sa place pour tout l'or du monde ... meme si une odeur chargee ne venant pas du fromage nous fait bien comprendre qu'une douche serait la bienvenue ! |